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Entrée galerie Véro-Dodat Toile marouflée galerie Véro-Dodat Loge gardien galerie Véro-Dodat Verrière galerie Véro-Dodat Luminaire galerie Véro-Dodat
 

galerie vero-dodat

 

2, rue du Bouloi et
19, rue Jean-Jacques Rousseau, 75001 Paris
Métro Louvre-Rivoli
Ouverte du lundi au samedi de 7h à 22h
Fermée les dimanches et jours fériés


Historique

 

Cette galerie, construite en 1826, fait 80 mètres de long et 4 mètres de large.
Elle tient son nom de deux charcutiers établis dans les rues voisines, Véro et Dodat, qui décident de sa construction après avoir racheté et rasé l’hôtel Quatremère. Richement décorée et éclairée au gaz dès sa construction, la galerie est très empruntée puisqu’elle se situe à côté des Messageries Laffite et Caillard (établissement de diligences situé au 19, rue de Bouloi). Les voyageurs en profitaient pour s’y restaurer avant de partir ou pour effectuer leurs achats de dernière minute (malle, souvenirs, vêtements…) dans les boutiques de luxe qui s’y étaient installées. 
Elle sert également de raccourci entre le quartier des Halles et le Palais Royal. D’autres facteurs font de ce passage un lieu très animé : Melle Rachel, actrice de théâtre, habite de 1838 à 1842 au 2e étage de cette galerie. En 1844, la publication de l’ouvrage Belles Femmes de Paris attire beaucoup de curieux venus admirer  l’une d’elles, qui fréquente un des comptoirs de la galerie. Enfin, le Café de la Galerie offre aux flâneurs la possibilité de  faire une pause. On dit que Gérard de Nerval y a bu son dernier café avant de se donner la mort, en 1855, au Châtelet.
A cette époque la galerie est l’objet de nombreux éloges et ses propriétaires veulent lui donner un air fastueux,  ils adoptent ainsi le nom de « galerie » à la place de celui plus quelconque de « passage ».
Ceci n’empêche pas que quelques critiques soient émises notamment au sujet de sa ternissure et de son obscurité. Dans les années 1880, le déclin de l’entreprise de diligences, dû à l’arrivée du chemin de fer, ainsi que le percement de la rue du colonel Driant, nouveau raccourci entre les Halles et le Palais Royal, entraînent la baisse de fréquentation de la galerie.
Aujourd’hui, elle symbolise encore le Paris de la Restauration, le luxe et le calme. Bien que moins entretenue que d’autres passages, la galerie Véro-Dodat garde un grand charme, ce qui fit dire à Colette : « les passages Choiseul, Vivienne, Véro-Dodat, je les aime tous, assoupis sous la lumière un peu triste de leur toiture vitrée ».


Architecture
et décoration



De style néo-classique et d’architecte inconnu, la galerie fut restaurée à l’identique en 1997.
Le portail d’entrée rue de Bouloi est encadré de deux pilastres ioniques, surmonté d’un balcon à balustrade en fonte. Le nom de la galerie est inscrit en lettres de fer (autrefois dorées), comme sur l’autre entrée.
La galerie est ornée de cuivres, de reliefs en fonte représentant des lyres ou des génies et de miroirs permettant la réflexion de la lumière. Des globes de cristal alimentés au gaz éclairaient autrefois le passage. Quelques-uns décorent encore les murs mais sont aujourd’hui alimentés à l’électricité… Les boutiques sont alignées horizontalement,  leurs devantures aux larges vitrines sont ornées de bois noir et rouge. A l’étage, une frise de palmettes et de caducées décore le haut des murs.
Au plafond, des trompes l’œil colorés en toiles marouflées (notons Hermès le dieu du commerce et Apollon, son demi frère, dieu des Arts) sont entourés de moulures dorées et alternent avec les trois parties égales de la verrière.
Au sol, un dallage de marbre noir et blanc à damiers a été installé (celui que les promeneurs foulent aujourd’hui n’est pas celui d’origine).
Ces décorations intérieures font de ce passage l'un des plus remarquables de Paris, il est d’ailleurs inscrit à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques depuis 1965.